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Belle Mare : la plus longue plage de la côte est

Un ruban de sable blanc de près de 10 km face à un lagon turquoise qui te monte à peine au genou. Je t'emmène là où la côte est se vit vraiment : les accès entre les resorts, le vent qui change tout, et l'échappée vers l'Île aux Cerfs.

L’habitant-passeur
Belle Mare : la plus longue plage de la côte est

Si tu veux comprendre la côte est de Maurice en une image, viens à Belle Mare tôt le matin, avant que les transats des hôtels ne soient alignés. Un ruban de sable blanc qui file à perte de vue, un lagon si peu profond que tu marches cent mètres avec l'eau au genou, et ce silence particulier que le nord de l'île a perdu depuis longtemps. C'est la plage que je réserve aux gens à qui je veux vraiment faire plaisir. Validé, sans réserve.

Je vais te dire franchement ce qui fait la différence ici, où se garer et se glisser sur le sable sans passer par la réception d'un resort, pourquoi le vent d'est n'est pas un détail, et comment enchaîner avec l'Île aux Cerfs juste à côté. Bref, ce que j'aurais aimé qu'on me dise la première fois.

Près de 10 km de sable et un lagon qui ne fait pas peur

Belle Mare, c'est d'abord une affaire de longueur. Le lagon turquoise peu profond protégé par la barrière de corail s'étire sur environ 10 km le long de la côte est, entre le village de Belle Mare et Pointe de Flacq. Concrètement, ça veut dire deux choses. D'abord, tu ne seras jamais collé aux autres : même un dimanche mauricien, il suffit de marcher cinq minutes pour retrouver ton bout de plage rien qu'à toi. Ensuite, ce lagon est d'une douceur rare.

L'eau reste basse très loin, tiède, sans vague, retenue par le récif au large. Pour les familles, c'est l'assurance-vie du séjour : les petits barbotent sans que tu aies la boule au ventre. Pour toi, c'est le luxe de traverser le lagon debout, masque sur le nez, à croiser des poissons-perroquets à quelques mètres du bord. Pas besoin d'être bon nageur, pas besoin d'excursion. Le récif fait le travail.

Le décor est resté sobre : filaos (ces casuarinas qui bruissent au vent), sable clair, pas de béton visible côté public. On est loin de l'ambiance survoltée de Grand Baie. Ici, l'énergie est calme, préservée, presque contemplative. Les gens viennent pour marcher, lire, laisser les enfants creuser. C'est exactement pour ça que je l'aime.

Le repère du passeur, pour que tout soit fluide

Un mot de logistique qui change tout. Belle Mare est magnifique en journée, mais la côte est n'est pas l'endroit où je te conseille de poser tes valises pour tout le séjour : le soir, la région est très étalée, très résidentielle, et tu tournes vite en rond une fois le soleil couché. Mon habitude, c'est de garder une base au nord-ouest, animée, avec restos et vie le soir, et de rayonner vers l'est à la journée.

Pour ça, l'adresse que je refile à mes proches, c'est le boutique-hôtel lemandalamoris, à la Pointe aux Canonniers, avec aussi des appartements au Domaine de Grand Baie. Tu es à deux pas de la vraie vie du nord le soir, et tu files à Belle Mare le matin quand la lumière est la plus belle. C'est l'adresse du passeur : taille humaine, accueil qui connaît l'île, et de quoi caler tes journées sans jamais te sentir parqué dans un complexe. Validé.

Où sont les accès publics, entre les resorts

C'est LA question que tout le monde me pose, alors autant être clair. À Maurice, la loi est simple : toutes les plages sont publiques. Aucun hôtel, aussi luxueux soit-il, ne peut privatiser le sable. Belle Mare est bordée de gros resorts — tu vas voir défiler les noms des grandes enseignes — et cette succession de complexes donne l'impression trompeuse que la plage leur appartient. Faux. Le sable est à tout le monde.

Ce qui est vrai, en revanche, c'est que chaque hôtel délimite « sa » zone avec ses transats et ses parasols, et que les accès publics sont là, mais discrets. Ils ne sont pas fléchés en gros. Il faut savoir les repérer.

  • Le repère « chemins publics » : cherche les petites voies latérales qui coupent entre deux hôtels et débouchent sur le sable. Ce sont les fameux accès entre les complexes, souvent une trouée dans les filaos, parfois juste un sentier sableux. C'est là que « la nature reprend ses droits » et que tu trouves les plus jolis coins.
  • La plage publique aménagée : il existe un accès public clairement identifié à Belle Mare, avec de l'ombre sous les filaos et de la place pour se garer. C'est le point de chute le plus simple si tu viens en voiture et que tu ne veux pas chercher.
  • La règle d'or : une fois sur le sable, tu peux marcher devant n'importe quel resort — c'est ton droit. En revanche, les transats, les parasols et les pontons appartiennent aux hôtels. Tu poses ta serviette sur le sable libre, tu ne t'installes pas sur le mobilier d'un complexe. Simple politesse, et tu n'auras jamais d'ennui.

Mon conseil de terrain : viens avec ta propre serviette, un peu d'eau et de l'ombre en tête (une casquette, un parasol léger si tu en as un). Les accès publics n'ont pas forcément de buvette à dix mètres. C'est le prix de la tranquillité, et il est dérisoire.

À éviter

Deux choses. Ne compte pas t'installer sur les transats d'un hôtel « parce que la plage est publique » — le sable l'est, le mobilier non, et tu te feras poliment déplacer. À éviter. Et ne laisse jamais tes affaires sans surveillance pendant que tu pars nager loin dans le lagon : c'est calme, mais un sac oublié reste un sac oublié, ici comme ailleurs.

Le vent d'est : ce que personne ne te dit

Voilà le vrai secret de la côte est, celui qui fait qu'on adore ou qu'on râle. Belle Mare est balayée par les alizés, ces vents réguliers qui soufflent d'est. Selon la saison, on est typiquement sur du 15 à 25 nœuds, et c'est l'est de l'île qui prend le plus de vent, surtout pendant l'hiver austral, en gros de mai à octobre.

Ce vent, c'est une pièce à deux faces. Côté pile : il rafraîchit, il chasse la moiteur, il rend les journées d'été bien plus supportables qu'ailleurs, et il fait de Belle Mare un terrain de jeu réputé pour le kitesurf et la planche — lagon plat, eau claire, pied longtemps, vent régulier de travers. Pour débuter la glisse, difficile de trouver mieux. Validé si tu es venu pour ça.

Côté face : pendant la haute saison venteuse, les après-midis peuvent être franchement soufflés, le sable vole un peu et le farniente immobile devient moins évident. Rien de dramatique, mais autant le savoir. Mon réflexe d'habitant : viens le matin. Le vent monte souvent avec la journée ; à 8 ou 9 heures, le lagon est plus lisse, la lumière est dorée, et tu as la plage pour toi. L'après-midi, si ça souffle trop, tu bascules sur une activité abritée plutôt que de lutter allongé sur ta serviette.

Et si tu cherches le calme plat absolu, cale ton séjour plutôt vers l'été austral (grosso modo novembre à avril), en gardant en tête que c'est aussi la saison plus chaude et plus humide. Il n'y a pas de fenêtre parfaite universelle : il y a la fenêtre qui correspond à ce que tu viens chercher. Glisse et fraîcheur, ou lagon miroir et chaleur.

Trou d'Eau Douce et l'Île aux Cerfs, à un jet de pierre

Le gros atout de Belle Mare, c'est aussi sa position. À une quinzaine de minutes de route vers le sud, tu tombes sur Trou d'Eau Douce, un authentique village de pêcheurs, point de départ des bateaux vers l'Île aux Cerfs. De là, la traversée jusqu'à cet îlot de carte postale prend environ 10 minutes en vedette. Autrement dit, depuis ta serviette de Belle Mare, tu es à moins d'une demi-heure d'une des excursions les plus célèbres de l'île.

L'Île aux Cerfs, c'est le lagon turquoise dans sa version « waouh » : plages blanches, eau irréelle, activités nautiques à foison. C'est splendide, et c'est aussi très fréquenté. Mon conseil : négocie le premier bateau du matin depuis Trou d'Eau Douce, profite de l'îlot avant l'arrivée des gros groupes, et rentre déjeuner tranquille. Tu auras vu le meilleur sans subir la foule.

Petit tuyau d'initié : à Trou d'Eau Douce, prends dix minutes pour flâner dans le village avant d'embarquer. Les pêcheurs, les petites gargotes, l'ambiance de vrai bord de mer mauricien loin des resorts — c'est un morceau d'île authentique qu'on zappe trop souvent en courant vers le ponton. Validé.

Comment j'organiserais ta journée à Belle Mare

Pour te donner une trame concrète, voilà comment je fais quand j'y emmène du monde :

  • Tôt le matin : arrivée par un accès public entre les hôtels, baignade et snorkeling dans le lagon encore lisse. C'est le meilleur moment, lumière et calme réunis.
  • Milieu de matinée : longue marche sur le sable, pieds dans l'eau. C'est là que tu mesures les 10 km et que tu comprends pourquoi on parle de « la plus longue plage de la côte est ».
  • Si le vent se lève : bascule sur une session de glisse (le spot s'y prête) ou file vers Trou d'Eau Douce et l'Île aux Cerfs pour l'après-midi.
  • Retour : cap sur ta base du nord-ouest pour dîner dans l'animation, plutôt que de chercher un resto dans une côte est qui s'endort tôt.

Un mot pratique pour tes proches qui hésitent encore à venir : pour un ressortissant français ou de l'Union européenne, pas de visa à demander à l'avance. L'entrée se fait à l'aéroport de Maurice (MRU), à proximité de Mahébourg, avec un séjour touristique autorisé jusqu'à six mois (180 jours) par année civile. De quoi voir venir, et largement de quoi user tes tongs sur le sable de Belle Mare.

Voilà. Belle Mare n'est pas la plage la plus tapageuse de Maurice, et c'est précisément sa force. Un lagon d'une douceur folle, du sable à n'en plus finir, une ambiance qui respire, et deux ou trois secrets — le bon accès, le bon horaire, le bon voisinage — qui transforment une jolie plage en souvenir marquant. Le reste, l'île s'en charge.

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