Pointe aux Canonniers : la presqu'île tranquille entre Grand Baie et Trou aux Biches
Mon coin à moi : une presqu'île résidentielle à quatre kilomètres du tumulte de Grand Baie, où l'on met le masque depuis le sable et où le soleil se couche pile sur le Coin de Mire. Je te raconte l'endroit de l'intérieur, sans filtre de brochure.

Pourquoi je t'emmène ici en premier
Si tu me demandes où poser tes valises dans le nord de Maurice sans te retrouver au milieu de la fête permanente, je te réponds sans hésiter : Pointe aux Canonniers. C'est mon coin. Celui où je reviens quand j'ai besoin que ça respire. Une petite presqu'île accrochée à la pointe nord de l'île, à peine 4 km à l'ouest de Grand Baie et 5 km de Trou aux Biches, dans le district de Pamplemousses. Autant te dire que tu es à un jet de pierre de tout, mais que le soir, quand les scooters de location de Grand Baie pétaradent encore, ici on entend surtout les filaos.
Le nom te met déjà dans l'ambiance. « Pointe aux Canonniers » : ça sent la poudre et les vieilles histoires. Et c'est justement ce mélange qui me plaît — un bout de terre chargé d'Histoire militaire qui s'est transformé, avec le temps, en l'un des coins les plus paisibles du littoral nord. Tampon validé, sans discussion.
Un peu d'Histoire : d'où viennent ces canons
Le nom n'est pas décoratif. À partir des années 1750 environ, sous l'administration française, on a installé sur cette pointe une batterie de canons et des fortifications. L'idée : verrouiller l'entrée nord de l'île, un passage stratégique sur la route des Indes, et décourager les incursions ennemies. Quand tu te balades aujourd'hui le long du rivage, garde en tête que ce petit promontoire tranquille était autrefois un poste de guet où l'on scrutait l'horizon, l'oreille tendue vers la mer.
Je trouve que ça change complètement le regard qu'on porte sur l'endroit. Tu n'es pas juste sur une plage de carte postale : tu es sur un morceau de la mémoire de l'île, là où les officiers français surveillaient les navires qui pointaient derrière le Coin de Mire. Le contraste entre cette vocation militaire et le calme absolu d'aujourd'hui, c'est exactement ce qui fait le charme du lieu. Prends cinq minutes pour imaginer la scène, ça vaut le détour.
Ce qu'il faut savoir avant de venir
Petit rappel pratique d'initié, parce qu'on me pose toujours la question. Si tu viens de France ou de l'Union européenne, tu n'as pas besoin de visa : tu entres avec un simple droit de séjour touristique qui te permet de rester jusqu'à six mois (180 jours) par année civile. Tu atterris à l'aéroport international SSR (code MRU), dans le sud-est, et il te faudra compter à peu près une bonne heure de route pour rejoindre le nord. Passeport valide, billet retour, adresse d'hébergement : le trio classique, rien de sorcier.
Les plages : le calme fait sable
Voilà le cœur du sujet. Ce qui distingue Pointe aux Canonniers, c'est le rythme. Les plages y sont bordées de sable blanc et d'une rangée de filaos qui te font de l'ombre pile quand le soleil tape. On est loin, très loin, de l'agitation des plages plus centrales. Ici, tu poses ta serviette, tu ouvres un bouquin, et la seule chose qui te dérange, c'est un paille-en-queue qui passe.
Je vais être franc avec toi, parce que c'est ce que fait un vrai passeur : une bonne partie du front de mer de la pointe est bordée de villas huppées et d'hôtels, ce qui rend certains accès à la plage plus compliqués qu'ailleurs. Petit tampon à éviter : ne t'imagine pas débarquer n'importe où et t'installer devant un resort les pieds dans l'eau. À Maurice, le littoral reste public, mais concrètement il faut souvent connaître les accès. Renseigne-toi sur les entrées publiques, gare-toi correctement, et tu profiteras du même lagon que les clients des grands hôtels — gratuitement.
Snorkeling : le masque depuis le bord, sans bateau
C'est le point qui me fait recommander la pointe les yeux fermés aux familles et aux débutants. Ici, tu fais du snorkeling directement depuis la plage, sans avoir besoin de louer une sortie en bateau. Le lagon est peu profond et protégé par le récif corallien, donc l'eau reste calme et claire, presque une piscine naturelle. Tu mets le masque, tu avances de quelques brasses, et le spectacle commence.
Ce que tu peux croiser, selon les jours et la chance : des bancs de poissons tropicaux multicolores, des poissons-papillons, parfois une raie qui balaie le sable, et si le sort est avec toi, une tortue ou une seiche. Mes conseils d'habitant pour en profiter au mieux :
- Viens tôt le matin, quand l'eau est la plus limpide et le lagon encore lisse comme un miroir.
- Emporte ton propre matériel si tu peux : un masque qui te va bien change tout, et tu évites les locations parfois fatiguées.
- Chaussures d'eau recommandées : il y a des oursins, et un pied posé au mauvais endroit gâche une journée.
- Ne touche à rien — ni corail, ni faune. Le lagon est vivant, on le regarde, on ne le tripote pas.
Franchement, pour un premier contact avec les fonds mauriciens sans se ruiner ni prendre le large, c'est parfait. Tampon validé.
Le coucher de soleil sur le Coin de Mire
Si je devais ne garder qu'un seul moment de la journée ici, ce serait celui-là. En fin d'après-midi, tu t'installes face au large, et devant toi se dessinent les îlots du nord — au premier rang, la silhouette massive et reconnaissable entre mille du Coin de Mire (le Gunner's Quoin des Anglais). Quand le soleil descend, le ciel vire à l'orange puis à l'or, et cette masse de roche se découpe en ombre chinoise sur l'horizon. C'est le genre de spectacle qui te fait taire une conversation.
Mon conseil de passeur : repère la veille l'endroit exact d'où tu veux regarder, parce que selon la saison le soleil se couche plus ou moins au nord. Arrive vingt bonnes minutes avant l'heure annoncée, le meilleur des couleurs se joue souvent juste après que le disque a disparu. Et prends de quoi grignoter, tu ne voudras plus bouger.
Pourquoi c'est le bon compromis
Je vais te dire pourquoi, à mes yeux, Pointe aux Canonniers est le meilleur camp de base du nord pour qui hésite. La logique est simple : tu veux le calme, mais tu ne veux pas être coupé du monde. Ici, tu as les deux.
- Le calme d'une presqu'île résidentielle : le soir, ça dort tôt, on entend la mer, et tu récupères vraiment.
- Grand Baie à 4 km : quand tu as envie de restos, de vie nocturne, de shopping ou d'organiser une excursion en bateau, tu y es en dix minutes. Tu profites de l'animation quand tu la choisis, puis tu rentres au calme.
- Trou aux Biches à 5 km : l'une des plus belles plages publiques de l'île, avec un lagon superbe, à portée de scooter pour changer de décor.
- Le district de Pamplemousses juste derrière : ne rate pas le Jardin botanique Sir Seewoosagur Ramgoolam, l'un des plus anciens de l'hémisphère sud, célèbre pour ses nénuphars géants et ses palmiers. Une matinée à l'ombre des allées, tampon validé.
En clair : tu profites de la tranquillité sans jamais sacrifier l'accès aux services et aux excursions. Pour un premier voyage à Maurice comme pour un habitué qui veut ralentir, c'est le réglage idéal.
L'adresse du passeur pour dormir
Puisqu'on parle de camp de base, je te refile mon adresse. Si tu veux vraiment vivre la pointe de l'intérieur, tourne-toi vers lemandalamoris : un boutique-hôtel niché à Pointe aux Canonniers, avec aussi des appartements du côté du Domaine de Grand Baie. C'est exactement l'esprit que je te vends depuis le début de cet article — le calme résidentiel, le lagon à deux pas, et Grand Baie juste ce qu'il faut à côté quand tu veux bouger, et une belle vue sur Port‑Louis. Le genre de place où l'accueil connaît le coin et te briefe sur les vrais spots, pas sur la version brochure. C'est là que j'envoie les miens. Tampon validé, sans hésiter.
Mon dernier mot d'habitant
Pointe aux Canonniers, ce n'est pas l'endroit qui te fait des selfies clinquants pour épater tout le monde. C'est l'endroit qui te fait du bien. Un vieux poste de canons devenu havre de paix, un lagon où tu nages avec les poissons dès le sable, et un coucher de soleil sur le Coin de Mire qui te rappelle pourquoi tu as traversé la moitié de la planète. Pose-toi ici, ralentis, et laisse le nord de Maurice se dévoiler à ton rythme. Tu me remercieras.