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Les plus beaux points de vue de l'île Maurice : où sortir l'appareil

Six panoramas que je fais et refais depuis des années, avec l'heure pour y aller, ce qu'on te survend, et où tu vas vraiment sortir l'appareil sans être déçu.

L’habitant-passeur
Les plus beaux points de vue de l'île Maurice : où sortir l'appareil

On me demande tout le temps « c'est où, la plus belle vue de Maurice ? ». Réponse honnête : y en a pas une seule, y en a six ou sept, et elles ne se valent pas selon l'heure et la météo. J'habite ici depuis un moment, j'ai fait ces spots à toutes les lumières, en solo et avec des potes de passage. Voilà ce que je garde, ce que je zappe, et surtout quand y aller pour que ta carte mémoire serve à quelque chose. Pas de brochure ici : juste ce qui marche.

La Citadelle sur Port-Louis : la vue de la capitale, gratuite

Si tu ne dois faire qu'un seul point de vue urbain, c'est celui-là. La Citadelle, ou Fort Adelaide, est un fort en basalte bâti par les Britanniques entre 1830 et 1840 pour surveiller la ville (source : ilemaurice.im). Il domine Port-Louis de plus de cent mètres, et depuis les remparts tu embrasses toute la capitale : le Champ de Mars juste en dessous, la cathédrale Saint-Louis, la montagne du Signal, le port, les toits, les minarets et les pagodes qui se chevauchent. C'est le vrai visage de Maurice, celui qu'on ne voit pas sur les affiches de lagon.

Mon conseil d'habitant : viens en fin d'après-midi. La lumière dorée fait chanter la pierre noire et la ville se réveille avant le coucher du soleil (source : ilemaurice.im). Le matin tôt marche aussi, l'air est plus clair sur l'océan. Entrée gratuite. Évite le plein midi, c'est écrasé de chaleur et la lumière est plate.

Le Trou aux Cerfs : le volcan au milieu de l'île

Perché au-dessus de Curepipe, le Trou aux Cerfs est un cratère volcanique dormant, dernier témoin de l'activité qui a fait sortir l'île de l'eau. Sa dernière éruption remonte à environ 700 000 ans (source : visiterilemaurice.com). Le cratère fait dans les 300 mètres de large, un lac dort au fond, et des grands pins descendent les pentes. Perché autour de 600 mètres d'altitude, c'est un des rares endroits d'où tu comprends la forme de l'île : à l'ouest la montagne du Rempart et les Trois Mamelles, et par temps vraiment clair, l'horizon jusqu'à la mer (source : ile-maurice.fr).

Un sentier fait le tour complet du cratère, une balade facile d'environ trois quarts d'heure (source : visiterilemaurice.com). Entrée gratuite, tu montes en voiture jusqu'en haut. Le piège : Curepipe, c'est le point le plus arrosé de l'île. Il peut faire grand soleil sur la côte et être bouché ici. Regarde le ciel côté hauts avant de monter, sinon tu photographies du brouillard.

Les gorges de Rivière Noire : la vue « jungle » de Maurice

Là, on change de registre. Le parc national des gorges de Rivière Noire est la plus grande réserve de l'île, un océan de forêt tropicale qui couvre une bonne partie du sud-ouest. Le point de vue principal des gorges est accessible sans être un athlète, et c'est la meilleure intro à cette immensité verte, avec ses cascades qui plongent dans le vide en contrebas (source : ilemaurice.im). Neuf espèces d'oiseaux endémiques y vivent, dont le fameux pigeon rose sauvé de justesse (source : bonjourmaurice.com).

Deux entrées à connaître : la porte ouest, au Black River Visitor Centre du côté de la Rivière Noire, et la porte est à Pétrin, tout près de Grand Bassin. Le parc est gratuit et ouvre vers 7 h en semaine, un peu plus tard le week-end (source : bonjourmaurice.com). Le meilleur point de vue se mérite tôt le matin : après, les nuages remontent des gorges et te bouffent le fond de la vallée. Chaussures fermées obligatoires, ça glisse.

Le pont naturel du sud : le spot brut, pour ceux qui cherchent

Le pont naturel, c'est mon coup de cœur pour ceux qui en ont marre des cars de touristes. Une arche de roche volcanique posée au-dessus des vagues, sur la côte sud sauvage, entre Le Souffleur et Le Bouchon. Ici la mer ne rigole pas : elle tape dans la falaise, l'eau gicle par des trous dans la roche avec un souffle rauque (source : mauritiusnow.com). Interdit de te baigner, évidemment. Tu viens pour la puissance, pas pour te tremper.

Le hic, et il est réel : l'accès. On y va par des pistes de terre à travers les champs de canne, non goudronnées, mal indiquées. Un 4x4 ou au minimum une voiture haute te facilitera la vie (source : mauritiusnow.com). N'y va pas seul sans repère, et surtout ne t'approche pas trop du bord : la roche est humide et la vague est traître. C'est brut, c'est beau, ça ne pardonne pas l'imprudence.

Le Morne et Chamarel : les deux panoramas du Sud-Ouest

Impossible de parler de vues sans Le Morne Brabant, cette montagne-citadelle classée à l'UNESCO en 2008 en mémoire des esclaves marrons qui s'y réfugiaient (source : mauritiusattractions.com). Elle culmine à 556 mètres, et son sommet t'offre un tour d'horizon à 360° sur les lagons turquoise, les plages et, les jours bénis, la silhouette de la Réunion au loin. Mais sois lucide : la montée fait environ quatre heures, et la seconde moitié, après le panneau d'avertissement, devient de la vraie grimpe, pas une promenade (source : mauritishikes.com). Prends un guide, c'est plus sûr et plus riche.

Pas envie de suer ? Le Sud-Ouest se contemple aussi les pieds sur terre. Sur la route de Chamarel et de Baie du Cap, arrête-toi au belvédère de Macondé : un promontoire rocheux planté dans un virage en épingle, avec un petit escalier étroit qui grimpe au sommet (source : letsventureout.com). De là-haut, tu as la côte turquoise du Sud-Ouest et Le Morne en toile de fond. Accès gratuit, mais pas de parking : tu te gares au bord de la route, prudemment, et le week-end c'est bondé. La route côtière elle-même vaut le détour, un des plus beaux rubans d'asphalte de l'île.

Ce que je te dis pour de vrai

Deux règles qui valent tous les guides. Un : la lumière fait tout. La même vue est banale à midi et magique à 17 h. Vise le matin tôt pour les hauts (Trou aux Cerfs, gorges, avant que les nuages montent) et la fin d'après-midi pour la Citadelle et la côte. Deux : la météo change d'un quart d'heure à l'autre entre le plateau central et le littoral. Si c'est bouché à Curepipe, file dans le sud, et inversement. Ne t'entête pas.

Et le truc qu'on te survend un peu : oui, on peut voir la Réunion « à l'horizon » depuis le Morne ou le Trou aux Cerfs, mais ça n'arrive que quelques jours par an, quand l'air est parfaitement lavé. Si tu la vois, tu as gagné au loto. Si tu ne la vois pas, c'est normal, ne sois pas déçu. La vraie récompense, elle est plus proche : cette île pliée de montagnes et cernée de bleu, à portée d'objectif. Sors l'appareil, et laisse-toi surprendre.