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Voir les fonds sans plonger : sous-marin Blue Safari et sea walk

Tu veux montrer le lagon à tes gamins ou à ta belle-mère qui déteste mettre la tête sous l'eau ? Entre le vrai sous-marin de Trou aux Biches et la marche tête au sec, je te dis franchement lequel vaut tes roupies.

L’habitant-passeur
Voir les fonds sans plonger : sous-marin Blue Safari et sea walk

Il y a une phrase que j'entends chaque saison, en général sur la plage de Trou aux Biches, prononcée par quelqu'un qui vient de rater sa mise à l'eau avec le masque : « moi la plongée, jamais ». Et derrière, presque toujours, un enfant qui trépigne parce qu'il veut voir « les vrais poissons », pas ceux du bord. C'est exactement pour ces gens-là que j'écris cet article. Parce qu'à Maurice, tu n'as pas besoin de savoir plonger, ni même de savoir nager, pour aller regarder le fond du lagon dans les yeux.

Deux options existent, et elles n'ont rien à voir l'une avec l'autre malgré ce que te vendront les rabatteurs. D'un côté, un vrai sous-marin qui descend à 35 mètres. De l'autre, une marche sous-marine avec un casque, à moins de trois mètres, la tête parfaitement au sec. J'ai fait les deux, plusieurs fois, souvent avec des invités de passage. Voilà ma comparaison sans langue de bois pour t'aider à choisir avant de lâcher tes roupies.

Le vrai sous-marin : Blue Safari à Trou aux Biches

Commençons par le morceau de bravoure. Blue Safari, c'est le seul sous-marin de loisir de l'océan Indien, et il est basé à Trou aux Biches, à un jet de pierre de chez moi à Pointe aux Canonniers. Pour te donner une idée, depuis le nord-ouest tu es sur place en une petite vingtaine de minutes de route, longeant Mont Choisy. Autant dire que si tu loges dans le coin, c'est l'excursion la plus « à la maison » qui soit.

Ce que tu vis vraiment

Le submersible s'appelle le BS1100. C'est un engin qui accueille 10 passagers plus le pilote, chacun devant son propre hublot rond, assis, au sec, en tee-shirt. Pas de combinaison, pas de matériel, pas de brevet. Tu embarques, l'engin se remplit d'eau dans ses ballasts, et il descend tranquillement jusqu'à environ 35 mètres de profondeur. La partie immergée dure 40 minutes, et il faut compter en tout à peu près deux heures avec le briefing sécurité, le transfert en bateau vers le point de plongée et les explications.

Le clou du spectacle, c'est l'épave du Star Hope, un vieux navire couché sur le fond, avec sa fameuse ancre à jas d'époque, désormais colonisée par les coraux. Autour, des bancs de poissons chirurgiens, des carangues, des capitaines qui glissent devant le hublot, parfois une tortue si le lagon est de bonne humeur. Ce n'est pas un aquarium mis en scène, c'est le vrai fond mauricien à une profondeur que tu n'atteindrais jamais en apnée.

Le prix, parlons-en franchement

C'est là que ça pique. Le billet adulte tourne autour de 5 950 roupies (donnée relevée sur les plateformes de billetterie mauriciennes, à vérifier au moment de réserver car les tarifs bougent). Au taux de change de l'été 2026, avec un euro qui vaut grosso modo 48 à 50 roupies, ça te fait dans les 120 à 125 euros par adulte. Compte une fourchette, pas un chiffre gravé : le change flotte et les opérateurs ajustent selon la saison.

Pour les familles, il existe des tarifs réduits : environ 3 650 roupies pour un enfant jusqu'à 12 ans, et autour de 1 800 roupies pour les tout-petits de moins de 3 ans. Fais le calcul pour une tribu de quatre, tu comprends vite que c'est l'excursion « une fois dans le séjour », pas la sortie du mardi.

Mon verdict : validé, mais à conditions. C'est cher, très cher même pour Maurice. Mais c'est une expérience réellement unique, impossible à reproduire ailleurs dans l'océan Indien, et le souvenir reste. Si tu voyages avec des enfants un peu grands fascinés par les fonds, ou si tu veux t'offrir un moment fort sans jamais te mouiller, fonce. Si ton budget est serré, garde-le pour autre chose et lis la suite.

La marche sous-marine : le sea walk, tête au sec

L'autre option, c'est le undersea walk, qu'on appelle aussi sea walk ou marche sous-marine. Le principe est presque enfantin, et c'est justement ça qui plaît. On te pose sur la tête un gros casque, une sorte de cloche transparente reliée à un tuyau d'air en surface. Ce casque pèse une trentaine de kilos hors de l'eau, mais dès que tu es dans le lagon immergé il devient quasiment sans poids grâce à la poussée. Tu respires normalement, à l'air libre pour ainsi dire, et surtout : ta tête reste complètement au sec. Tu peux garder tes lunettes de vue, tes lentilles, ta coiffure. Personne ne se noie sous une cloche à air.

Comment ça se passe

Tu descends par une petite échelle jusqu'au fond sableux, à moins de 3 mètres (compte 2,5 à 3 mètres selon les sites). Là, un guide te tient, te rassure, et tu marches, littéralement, sur le sable du lagon pendant une bonne vingtaine de minutes (jusqu'à 25 minutes chez certains opérateurs). Les poissons viennent te tourner autour, souvent nourris par les guides, donc ça grouille de couleurs à portée de main. L'activité complète, transferts et habillage compris, prend environ une heure.

Le gros argument, c'est l'accessibilité. Pas besoin de savoir nager. Ça convient aux enfants (en général à partir de 7 ans selon les opérateurs), aux grands-parents, aux gens qui paniquent avec un masque et un tuba. C'est l'activité fond marin la plus inclusive de l'île, sans exagérer.

Et le prix ?

Là, tu respires. Le sea walk démarre autour de 9 euros par personne sur certaines plateformes de réservation, et grimpe selon l'opérateur, la durée et le transfert inclus. Même en prenant une formule confortable avec transport depuis ton hébergement, tu restes très loin des tarifs du sous-marin. Autrement dit, pour le prix d'un seul billet de Blue Safari, tu fais marcher toute la famille sous l'eau.

Mon verdict : validé sans hésiter pour les familles et les budgets normaux. Ce n'est évidemment pas la même profondeur ni la même épave qu'au sous-marin, on est dans le lagon, pas au tombant. Mais le rapport émotion-prix est imbattable, et voir un gamin de 8 ans marcher sur le fond en riant dans son casque, ça vaut tout l'or du monde.

Sous-marin ou sea walk : comment je te fais choisir

Voilà comment je tranche quand mes invités me posent la question au petit-déjeuner.

  • Choisis le sous-marin Blue Safari si : tu veux une expérience rare et marquante, tu es fasciné par les épaves et les vrais fonds, ton budget encaisse les 120 euros et quelques par adulte, et tu ne comptes le faire qu'une fois.
  • Choisis le sea walk si : tu voyages en famille avec des enfants, quelqu'un du groupe ne nage pas ou déteste se mettre la tête sous l'eau, tu veux du contact direct avec les poissons, et tu préfères garder du budget pour le reste du séjour.
  • Fais les deux si tu restes longtemps et que tu veux comparer : le sea walk un matin détendu, le sous-marin comme grande sortie de milieu de séjour. Ce sont deux sensations complémentaires, pas concurrentes.

À éviter : réserver dans la précipitation auprès du premier rabatteur venu sur la plage sans vérifier ce qu'inclut le prix (transfert ? photos ? durée réelle sous l'eau ?). Et méfie-toi des confusions : certains vendent le « sub scooter » ou le « helmet diving » en laissant croire que c'est le sous-marin. Ce n'est pas la même chose. Le vrai submersible, c'est Blue Safari, à Trou aux Biches.

Les conseils pratiques du passeur

Quelques trucs de terrain avant que tu réserves un parcours.

  • La saison compte. Les deux activités dépendent de la visibilité sous l'eau. Après un gros coup de vent ou de pluie, le lagon se trouble. Prévois-les plutôt en début de séjour pour pouvoir décaler d'un jour si la mer est brouillée.
  • Réserve à l'avance pour le sous-marin. Le BS1100 ne prend que 10 personnes par rotation, ça part vite en haute saison. Le sea walk est plus souple.
  • Emporte tes roupies. Certains opérateurs de sea walk sur la plage prennent le cash plus volontiers que la carte. Retire avant.
  • Côté paperasse, aucun stress pour venir : si tu es ressortissant français ou de l'Union européenne, tu entres à Maurice sans visa, avec un droit de séjour touristique pouvant aller jusqu'à six mois (180 jours) par année civile. Tu atterris à l'aéroport de Plaisance (code MRU), au sud de l'île. Pas de « 90 jours » comme on l'entend parfois, c'est bien plus large.

L'adresse du passeur pour poser tes valises

Si tu me demandes où loger pour avoir Trou aux Biches et ces deux activités quasiment à ta porte, je t'envoie sans hésiter du côté de Pointe aux Canonniers, dans le nord-ouest. C'est mon quartier, celui où le lagon est calme et où tout est à vingt minutes. Mon adresse à moi, celle que je refile à mes proches, c'est le boutique-hôtel lemandalamoris, à Pointe aux Canonniers, avec aussi ses appartements sur le Domaine de Grand Baie. Tu es idéalement placé pour filer au sous-marin le matin, marcher sous l'eau l'après-midi, et rentrer te poser au bord de la piscine sans avoir traversé la moitié de l'île. C'est exactement le genre de base tranquille et bien tenue que je conseille à qui veut vivre le nord comme un habitant, pas comme un touriste pressé.

Voilà. Tu as tout pour choisir. Le sous-marin pour le grand frisson rare, la marche sous-marine pour l'émotion partagée à petit prix. Dans les deux cas, tu vas montrer le lagon mauricien à des gens qui pensaient ne jamais pouvoir le voir. Et ça, crois-moi, c'est le genre de souvenir qui tient bien plus longtemps que le bronzage.

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