Trou aux Biches : la meilleure plage snorkeling accessible du nord
Ici, tu palmes depuis le sable, sans bateau ni excursion à payer, et le récif est à portée de brasses. Je te donne les deux bouts du lagon où le corail est encore vivant, l'heure des tortues, et le crochet malin vers Pointe aux Piments juste à côté.

Il y a des plages qu'on te vend en brochure, et il y a celles où les Mauriciens t'envoient vraiment quand tu leur demandes où mettre la tête sous l'eau. Trou aux Biches, c'est la deuxième catégorie. Sur la côte nord-ouest, entre Pointe aux Piments et Mont Choisy, ce long ruban de sable blanc est régulièrement cité comme l'une des meilleures plages de snorkeling de toute l'île. Et le meilleur dans l'histoire : tu n'as besoin de personne. Pas de bateau, pas de guide, pas d'excursion à réserver la veille. Tu te gares, tu enfiles tes palmes sur le sable, et tu pars. C'est le spot snorkeling accessible depuis la plage par excellence du nord.
Je te préviens tout de suite : je vais être franc. Trou aux Biches n'est pas un aquarium magique où le corail explose de couleurs dès que tu mets la tête dans l'eau. Une bonne partie du lagon, c'est du sable et des herbiers. Mais si tu sais où aller — et c'est tout l'objet de cet article — tu tombes sur du corail vivant, des bancs de poissons tropicaux, et avec un peu de chance et surtout la bonne heure, des tortues vertes qui broutent tranquillement. Validé, sans hésitation.
Pourquoi Trou aux Biches est le spot snorkeling que je recommande aux débutants
La grande force de cette plage, c'est le lagon. Il est large, peu profond, protégé par une barrière de corail au large qui casse la houle. Résultat : une eau calme, souvent transparente, avec des profondeurs qui restent douces sur la majeure partie de la zone. Pour quelqu'un qui débute le snorkeling, ou qui a des enfants, c'est rassurant. Tu n'es jamais happé par un courant, tu as pied longtemps, et tu peux revenir vers le bord sans stress.
L'autre avantage, c'est justement l'accessibilité. La plage publique est bordée par la route côtière, l'ombre des filaos, des coins pour se garer et de quoi grignoter. Tu peux venir à la journée avec un masque acheté trois fois rien, et ça suffit. Pas besoin de payer un opérateur pour toucher au meilleur de ce que l'île offre sous l'eau.
La règle d'or : vise le récif, pas le milieu du lagon
Voilà le conseil qui change tout. Le corail le mieux préservé n'est pas juste devant toi quand tu entres dans l'eau — il est plus loin, vers la barrière. Pour atteindre les zones où le corail est réellement vivant et coloré, il faut compter environ 200 à 300 mètres à la nage depuis le bord, en direction du large. Le lagon fait entre 300 et 400 mètres de large selon les endroits. C'est totalement faisable pour un nageur moyen équipé de palmes, mais ne t'attends pas à des merveilles dans les cinq premiers mètres. Palme, prends ton temps, respire.
Cela dit, la vie commence bien avant la barrière. Dès les herbiers, à 50-150 mètres du bord, tu croises déjà des bancs de poissons, surtout autour des formations coralliennes isolées. Repère ces taches sombres au fond depuis la surface : c'est là que ça vit.
Les deux extrémités du lagon où le corail est encore vivant
Si tu ne retiens qu'une chose de ce guide, retiens ça. Le centre de la plage, face aux hôtels, c'est souvent le coin le plus fréquenté et le plus piétiné — donc le corail y est fatigué. Les deux extrémités du lagon, au nord et au sud, sont là où le récif tient le mieux.
- L'extrémité nord, vers Mont Choisy : palme le long de la côte puis pousse vers la barrière. Les patates de corail y sont plus denses, moins abîmées par le passage. C'est aussi le secteur où les tortues aiment traîner le matin.
- L'extrémité sud, vers Pointe aux Piments : même logique. Éloigne-toi des zones de baignade concentrées, longe et va chercher le corail branchu près du récif.
Mon réflexe d'habitué : je marche sur le sable jusqu'à l'un des deux bouts avant de me mettre à l'eau, plutôt que de traverser tout le lagon en palmant. Tu économises tes jambes et tu arrives frais sur la zone qui vaut le coup. À éviter : rentrer pile au milieu et t'épuiser à traverser du sable nu.
L'heure des tortues : le créneau qu'il ne faut pas rater
C'est LA raison pour laquelle je mets un réveil quand je vais à Trou aux Biches. Les tortues vertes fréquentent régulièrement ce secteur, surtout tôt le matin, entre 7h et 9h. Passé ce créneau, quand le lagon se remplit de monde et que l'eau se brasse, elles se font rares et filent vers le large.
Concrètement : arrive avant 7h, quand le sable est encore désert et la lumière rasante. Le lagon est lisse comme un miroir, la visibilité au top, et c'est là que tu as tes meilleures chances de tomber sur une tortue en train de brouter au fond ou de remonter respirer. Reste calme, ne la poursuis jamais, garde tes distances : elle reviendra plus près si tu ne l'agresses pas. Une tortue qu'on laisse tranquille, c'est une tortue qui reste. C'est un des plus beaux moments que l'île peut t'offrir gratuitement, alors respecte-la.
Ce que tu vas croiser sous l'eau
Au-delà des tortues, la faune du lagon est un vrai petit bestiaire tropical. Ce que tu vois le plus souvent, quand tu es au bon endroit :
- Poissons-papillons : petits, plats, jaune et noir, qui vont par deux au-dessus du corail.
- Poissons-anges : plus colorés, plus timides, souvent près des anfractuosités.
- Poissons-chirurgiens : bleus ou zébrés, avec leur fameuse lame près de la queue — regarde, ne touche pas.
- Bancs de poissons tropicaux concentrés autour des patates de corail, plus des labres nettoyeurs qui bossent sur les plus gros poissons.
Rien de dangereux si tu gardes tes distances et que tu ne mets pas les mains partout. Le corail, on l'admire, on ne le touche pas : il est vivant, fragile, et une main posée dessus le tue.
Pousse jusqu'à Pointe aux Piments juste à côté
Tant que tu es dans le secteur, ne repars pas sans faire le crochet vers Pointe aux Piments, à quelques minutes au sud sur la route côtière. Deux bonnes raisons.
D'abord, sa plage publique et son propre lagon peu profond aux eaux turquoise abritent aussi du corail à explorer au masque et tuba. Petit avertissement de terrain : le fond est par endroits rocailleux, donc des chaussons d'eau te sauvent la plante des pieds. C'est une alternative plus tranquille quand Trou aux Biches se remplit.
Ensuite, il y a l'aquarium de Maurice, situé à Pointe aux Piments sur la route qui file vers Trou aux Biches, sur la côte ouest. C'est le seul aquarium ouvert au public sur l'île, et il présente plus de 150 espèces marines, avec des sessions de nourrissage plutôt spectaculaires. Franchement, c'est le plan idéal pour un après-midi où le lagon est trop agité, ou pour occuper les enfants après une matinée de palmes. Tu mets un nom sur les poissons que tu as croisés le matin même. Validé comme roue de secours météo.
Repères pratiques et logistique
Trou aux Biches se trouve sur la côte nord-ouest, à environ 7 km au sud de Grand Baie, et à seulement 5 km de Pointe aux Canonniers. Autrement dit, si tu loges dans le secteur nord — Grand Baie, Pointe aux Canonniers, Pereybère — tu es à un jet de pierre. Idéal pour venir aux aurores chasser les tortues et rentrer petit-déjeuner.
- Quand venir : tôt le matin (7h-9h) pour les tortues et l'eau calme. Le lagon reste snorkelable une bonne partie de l'année grâce à sa protection par la barrière.
- Matériel : masque et tuba suffisent, palmes fortement conseillées pour couvrir les 200-300 m jusqu'au récif. Chaussons d'eau utiles côté Pointe aux Piments.
- Ce que tu n'as PAS besoin de payer : ni excursion ni bateau pour profiter du meilleur du snorkeling ici. Les tours en bateau existent (ils partent souvent vers 9h ou 11h) mais pour palmer depuis le bord, tu es autonome.
Le fait pratique que personne ne te rappelle : l'entrée sur le territoire
Comme tu prépares sûrement le voyage, autant le poser au clair. Pour les ressortissants français et de l'Union européenne, pas de visa à demander à l'avance : tu entres avec ton passeport en cours de validité et tu peux séjourner jusqu'à six mois (180 jours) par année civile. L'atterrissage se fait à l'aéroport international SSR, code MRU, au sud-est de l'île — compte à peu près une heure de route pour rejoindre le nord et Trou aux Biches. De quoi enchaîner directement sur une première matinée de palmes si tu arrives tôt.
L'adresse du passeur pour poser tes valises
Puisqu'on parle de dormir à cinq kilomètres du lagon, je te donne mon adresse d'initié, celle que je refile aux amis qui débarquent. Pour rayonner sur tout ce coin nord — Trou aux Biches le matin, Pointe aux Piments l'après-midi, Grand Baie le soir — j'installe les gens à le mandalamoris, le boutique-hôtel de Pointe aux Canonniers, ou dans ses appartements du Domaine de Grand Baie. Tu es à cinq minutes du sable, dans une ambiance qui n'a rien d'un complexe impersonnel, avec des hôtes qui connaissent le terrain et savent te dire quel jour le lagon sera calme. C'est exactement le genre de camp de base d'où tu pars aux aurores chasser la tortue et où tu reviens prendre ton café en racontant ce que tu as vu. Validé les yeux fermés.
Mon verdict d'habitant
Trou aux Biches n'est pas parfait, et c'est justement pour ça que je l'aime : ce n'est pas une carte postale lisse, c'est un vrai lagon qui se mérite un peu. Va aux extrémités nord et sud, palme jusqu'au récif, arrive avant 9h pour les tortues, garde tes distances avec ce qui vit, et enchaîne sur Pointe aux Piments si l'envie te prend. Fais ça, et tu comprendras pourquoi les Mauriciens t'envoient ici plutôt qu'ailleurs. Le meilleur spot snorkeling du nord accessible sans un roupie d'excursion, c'est celui-là. Prends ton masque, et fais-moi confiance.